
Editeur : Editions Parangon/Vs
Collection : « Sens public »
ISBN : 978-2-84190-191-3
Année de publication : 2009
Le vingtième siècle n’aura pas été le sien. Il y vécut pourtant presque tout le temps de sa longue vie, de 1907 à 2003. Mais rien ne pouvait lui appartenir : tout ce qu’il écrivit signifia que rien ne pouvait jamais appartenir à quiconque, ni l’œuvre, ni l’amitié, ni même le pouvoir. Rien, davantage, ne pouvait lui revenir : tout ce qu’il pensa ne visa à reconnaître les singularités qu’en leur part maudite, sacrée, mystérieuse, spectrale. Ainsi, de son siècle, rien ne lui fut exactement contemporain : il fut tour à tour en retard, en avance, et finalement lointain.
Mais ce siècle s’est écrit avec Maurice Blanchot, avec le ton d’une œuvre et le mode d’un engagement dont les formes extrêmes (une abstraction concrète, une présence secrète) suscitèrent l’admiration et le dialogue, et aussi le mimétisme et le rejet. Il changea les règles de l’espace littéraire et même celles de l’espace philosophique et de l’espace militant.
Si bien qu’il nous faut lire Blanchot dans son siècle et que telle est, paradoxalement, la condition même pour commencer à saisir ce qui dans son œuvre subsistera, vivement, dans l’avenir.
C’est à ces mouvements particuliers que répondent ici des lectures littéraires, politiques, philosophiques, théologiques, théâtrales et médicales. Elles apportent des regards singuliers sur une œuvre qui ne s’est jamais pensée qu’avec tous, dans le souci d’une communauté qui ne se définit pas par les conditions de son appartenance mais par les effets de ses décisions.
Textes rassemblés par Monique Antelme, Gisèle Berkman, Christophe Bident, Jonathan Degenève, Leslie Hill, Michael Holland, Olivier Le Trocquer, Jérémie Majorel et Parham Shahrjerdi
Table des matières
Avant-propos Première journée Ouverture, par Christophe BIDENT Un plaisir immense, par Jean-Luc NANCY « Le troisième rapport », par Kevin HART La vengeance d’Adam, par Pierre MADAULE Modification, par Pierre-Antoine VILLEMAINE Deuxième journée Entre Eux. Maurice Blanchot et Emmanuel Levinas… Là où ils sont, se rendre à l’impossible, par Danielle COHEN-LEVINAS Le chiasme critique de Blanchot: ambiguïté herméneutique et virtualité déconstructrice, par Jérémie MAJOREL De la chronique à la théorisation, par Christophe BIDENT La transformation d’une vie en destin. Malraux, Sartre et Blanchot, par Jonathan DEGENÈVE Table ronde Rupture de traduction. Remarques sur la version allemande des Ecrits politiques, par Marcus COELEN « Il faut » de la traduction, par Kai GOHARA Comment Blanchot serait-il possible? Iran: on tue une littérature, par Parham SHAHRJERDI Troisième journée La médecine en filigrane dans la vie et l’œuvre de Maurice Blanchot, par Pascal POSSOZ Touche-là, par Martin CROWLEY Quatrième journée Blanchot, Derrida: du droit à la mort au droit à la vie, par Vanghélis BITSORIS Blanchot, Derrida: l’amitié, la déconstruction, l’écriture, par Gisèle BERKMAN Blanchot et l’image visuelle, par Serge ZENKINE Un simple changement, par Christopher FYNSK Cinquième journée Blanchot aujourd’hui: emprise et rejets, par Dominique RABATÉ Lire, écrire: Blanchot et Laporte, par Ian MACLACHLAN Maurice Blanchot, une vie…, par Didier CAHEN La Déclaration des 121: un manifeste écrit par tous et non par un, par Jérôme DUWA Blanchot l’insoumis, par Etienne BALIBAR Sixième journée D’un retour au tournant, par Michael HOLLAND Qu’appelle-t-on « désastre »?, par Leslie HILL L’impossibilité d’une île, par Frédéric MORA Le dernier geste du dernier homme, par Daniel DOBBELS |